Petit épeautre (engrain)

Domestiqué au Néolithique ancien, il y a environ 10’000 ans, dans le croissant fertile, l’engrain s’est répandu en Europe au cours du Néolithique. D’après les découvertes archéologiques et notamment l’analyse du contenu du colon d’Ötzi, homme de l’âge du Cuivre (3300 av. JC) dont le corps fut découvert dans un glacier alpin, l’engrain fut un aliment de base pendant des milliers d’années. C’est à l’âge de Bronze que la suprématie de cette céréale diminue au profit de céréales non vêtues et à meilleurs rendements. Sa culture est aujourd’hui marginale en Europe et principalement située dans les régions montagneuses pour lesquelles cette céréale est bien adaptée. On observe cependant un regain d’intérêt pour l’engrain pour ses qualités nutritionnelles, son goût et ses qualités agronomiques. Comme l’amidonnier, l’engrain est une céréale rustique qui se porte bien sur les sols pauvres et se montre résistante à la plupart des maladies. Des programmes de recherche visent à développer de nouvelles variétés d’engrain qui conserveraient ces qualités tout en obtenant des rendements plus importants.
D’un point de vue nutritionnel l’engrain présente plusieurs qualités :
– plus riche en acides gras mono-insaturés et plus pauvre en acides gras poly-insaturés que le blé tendre ;
– riche en antioxydants et en particulier en tocophérols (vit. E) et en lutéine (teneur 4 à 8 fois supérieure au blé tendre) qui donne sa couleur jaune à la farine ;
– faible teneur en gluten : le pain à l’engrain est généralement bien toléré par les personnes sensibles au gluten.